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S.A. des CHARBONNAGES DE BOIS-DU-LUC


Le 14 février 1685, se créa la société du Grand Conduit et du Charbonnage d’Houdeng. Trois maîtres mineurs s'associèrent à deux banquiers binchois, au secrétaire-greffier de la seigneurie de Houdeng, ainsi qu'avec le bailli. La société était constituée de onze parts égales, chacun en disposait d'une et le seigneur, Messire Joseph-François le Danois de Cernay, vice-comte de Houdeng, en possédait quatre. Par la suite, la société devint une Société Civile Charbonnière et plus tard (en 1936) une Société Anonyme. Bois-du-Luc eut une incroyable longévité, l’exploitation dura de 1686 à 1973.

A cette époque, les couches superficielles étant épuisées, il fallait exploiter plus en profondeur. Mais le problème des exploitations était que dès que les puits dépassait la vingtaine de mètres les eaux les envahissaient. L’idée de cette société était de placer une canalisation, faite de troncs de chênes évidés, pour évacuer les eaux dans le ruisseau le Thiriau. Les travaux débutent en 1686. Une tranchée de deux kilomètres fut creusée, jusqu'au Thiriau, la dénivellation était de soixante mètres. Des troncs d'aulnes et de chênes évidés furent placés bout à bout sur un lit de paille.

En 1698, le charbon extrait était vendu dans plus de cinquante communes. Un deuxième conduit fut placé, les travaux débutèrent en 1727 pour se terminer en 1745. Par ailleurs, à cette époque, l'abbaye de Saint-Denis, percevait l'entrecens (environ 1/6 de la production) sur la société.

La société Bois-du-Luc, investissait régulièrement dans les dernières technologies afin d'accroître sa production. En 1779, la société fit installer une des premières machines à feu de la région du Centre. En 1804, on utilisa déjà les voies ferrées, dans le fond, pour la traction. En 1807, une des premières machines d'extraction à vapeur d'Europe fut installée.

En 1807, suite au rachat des parts des charbonniers, la société devint la société de Bois-du-Luc. A cette époque, le seigneur perdit ses droits, suite à l’application des nouvelles lois françaises.. Grâce à l'argent ainsi gagné la société s'étendit à d'autres concessions. En 1802, la société comptait cinq puits : "Sainte-Barbe", "le Bois", "le Moulin", "l'Avancée" et "la Grispagne". Durant la première moitié du 19ème siècle, la société investit successivement dans : le rachat du Charbonnage de Trivières, le creusement du puits "Saint-Charles" et du puits "Saint-Patrice", le rachat de la société charbonnière de Bignault, le rachat du Charbonnage de Saint-Denis (1824), le rachat des Charbonnages d'Obourg et Havré, le creusement du puits "Saint-Amand" et du puits "Saint-Emmanuel", le rachat de la société de la Barette. La société, avec une superficie de 6.000 hectares, devint une des plus grandes de Belgique et s'appela la Société Civile des Charbonnages de Bois-du-Luc, la Barette, Trivières, Saint-Denis, Obourg et Havré.

Charbonnages de Bois-du-Luc à Houdeng, vers 1850 (Canelle).

La société se développait, ce qui nécessitait un nombre de travailleurs de plus en plus élevé. Afin de "fidéliser" les travailleurs, la société fit construire, dès 1838, la cité de Bosquetville. Un ensemble homogène de maisons disposées en forme de trapèze divisé en quatre parties par quatre rues. Ces rues furent nommées avec les points cardinaux selon la tradition minière : le nord, le midi, le levant et le couchant. Chaque famille disposait d’un certain confort pour l’époque et même d’un jardin. Par la suite, d'autres infrastructures viendront faciliter encore plus la vie de la cité : boucherie, moulin, hospice, école, salle des fêtes, etc… Les patrons charbonniers avaient créé à Bois-du-Luc une petite ville autour du charbonnage. On pouvait naître, vivre, travailler et mourir à Bois-du-Luc.

En 1846, Bois-du-Luc fit construire son premier four à coke, elle installa ses propres chemins de fer (Bois-du-Luc, le Quesnoy et Trivières).

En 1855, près de 1.000 ouvriers exploitaient 5.700 hectares de concession, produisant ainsi 20.000 Tonnes annuellement.

En 1853, suite à une grève, une augmentation de 10% fut octroyée aux mineurs. En 1865, ils eurent 7% d’augmentation. Les mouvements sociaux se succédaient, et en 1917, ils obtinrent même 25% d’augmentation. Les bénéfices étaient plantureux et la société investissait toujours autant. En 1903, le premier Turbo-Groupe de Belgique (0,3 MW) fut installé au siège du Quesnoy à Trivières. Par souci de rentabilité la fosse du Bois (en 1913) et le puits St-Amand (en 1914) furent fermé. Comme tout les charbonnages, Bois-du-Luc connaissait régulièrement des accidents. L'un des plus grave eut lieu le 10 décembre 1885, 9 mineurs moururent asphyxiés suite à un incendie au puits "Saint-Patrice".

Dans les années 1930, la société fut affectée par la crise. En 1931, les bénéfices chutèrent de plus de 85 % et furent inexistants en 1932. En 1935, la société, qui employait près de 4000 ouvriers, devint une Société Anonyme, la situation économique se redressa par la suite, avec le retour des bénéfices et d'augmentations salariales. Après la guerre, on envoya 600 prisonniers dans les fosses de Bois-du-Luc, ils furent ensuite remplacés par des travailleurs immigrés.

Suivi une brève période de prospérité, mais très vite, comme la plupart des charbonnages belges la société manqua de rentabilité. Symbole du déclin, en 1959, le puits "Saint-Emmanuel" arrêta ses activités. Après 1961, le nombre d’ouvriers chuta sous les 3.000 et diminuant chaque année. Le 15 juin 1973, "le Quesnoy" à Trivières, l’ultime siège appartenant à la S.A. des Charbonnages de Bois-du-Luc ferma. Ce fut le dernier à extraire du charbon dans la région du Centre.

 

Bois-du-Luc, vue du siège "St-Emmanuel" (± 1910).

Machine d'extraction du siège "St-Emmanuel".

Charbonnages de Bois-du-Luc, puits n°1 du siège d'Havré. Début d'exploitation de 1882. Profondeur : 710 mètres. Fermé en 1934.

Charbonnages de Bois-du-Luc, puits n°2 du siège d'Havré. Fin d'exploitation : 1961.

Havré siège de Beaulieu, puits n°1 "Léopold". Exploitation de 1928 à 1934. Fin d'exploitation du siège de Beaulieu : le 31 octobre 1961. Profondeur d'exploitation 1.050 mètres.

Fosse du Bois : début d'exploitation en 1763. Profondeur atteinte : plus de  300 mètres. Fin d'exploitation en 1913. Fosse dite "St-Amand" : creusée en 1827. Profondeur 196 mètres. Fin d'exploitation en 1914.

Trivières : Charbonnages de Bois-du-Luc, siège du Quesnoy. Puits dit "St-Paul" et "St-Frédéric", le creusement eu lieu de 1898 à 1903. La profondeur atteinte en fin d'exploitation était de 940m.

Trivières, le Quesnoy : accès au site. A l'image d'autres sociétés charbonnières, Bois-du-Luc avait sa propre centrale électrique (au siège du Quesnoy).

Trivières, le Quesnoy : il fut le dernier charbonnage à fermer dans la région du centre. Fin d'exploitation en 1973.